Dans la Cité des fauvettes, Lisou-Bisou grandissait au milieu de ses sept frères comme un vrai garçon manqué. Première à la course, sacrée championne à la corde à sauter à l'école, elle était agile comme un ouistiti pour grimper aussi à la corde à nœuds. Et comme gardienne de buts, au foot, elle se débrouillait comme un chef!
Mais voilà qu'un matin, à la campagne de Tourne Boisset, Grand-Père avait accroché entre le prunus et le peuplier une tyrolienne qui faisait le bonheur des enfants. Et Lisou-Bisou, casse-cou, comme à son habitude, avait pris un tel élan pour glisser du prunus vers le peuplier qu'elle se prit la tyrolienne entre les dents et tomba sur l'herbe.
- Maman, cria Lisou-Bisou en pleurs, en se tenant la bouche, et en courant vers la maison, je me suis fait très mal. |
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La chance était avec elle car, au milieu des pissenlits et du trèfle, Félix retrouva sa petite « quenotte » blanche. De retour à la maison, elle ne cessait de se passer la langue dans le petit trou. Elle mangea très peu et se coucha très vite, prenant soin de mettre sa petite dent sous son oreiller.
Le lendemain matin, dès son réveil, elle passa doucement sa main sous l'oreiller. Elle ne trouva rien. Ni pièce ni cadeau et sa petite dent était toujours là.
- Félix, Félix, dit-elle à son frère qui partageait sa chambre à la campagne, réveille-toi, la souris m'a oubliée.
- Ca, ce n'est pas possible, répondit Félix à moitié endormi, elle n'oublie jamais personne. Attends, laisse-moi regarder.
Avec Lisou-Bisou qui passait sa langue dans le petit trou laissé par la dent, ils regardèrent à nouveau sous l'oreiller.
- Attends, j'ai trouvé quelque chose, dit soudain Lisou-Bisou. Un petit papier. Félix, il y a dedans ma dent et quelque chose d'écrit. Tu me lis?
Félix lissa le petit papier, posa la dent sur l'oreiller et lit ce qu'il y avait écrit : |
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- Ca alors, s'exclama Lisou-Bisou. Et la grève, ça veut dire qu'elles ne veulent plus travailler comme l'autre fois Lucie, notre maitresse, et qu'on s'était du coup super bien amusés quand elle n'est pas venue à l'école ?
- Exactement. Tu as bien compris, répondit Félix, allez viens prendre le petit déjeuner.
Pendant que Lisou-Bisou essayait de terminer son bol de céréales qu'elle avait laissé se ramollir dans le lait tiède, elle réfléchissait à ce que voulaient dire « des négociations sérieuses ». Elle pensait qu'au fond, tout cela était facile à résoudre. Les souris ont raison, les enfants ne sont pas sympas; eux aussi doivent faire plaisir et prévoir des cadeaux! songeait-elle en silence tout en se demandant pourquoi les petites dents que les souris venaient chercher n'étaient pas des cadeaux. D'ailleurs, se demandait- elle, mais à quoi ces dents leur servaient elles ? Elle y penserait une autre fois. Pour l'heure, il fallait résoudre le problème posé.
- Félix, viens m'aider, s'il te plait. Allons dans la chambre de Grand Père et Grand-mère. Ils ne dorment plus. Sur le bureau, il y a leur ordinateur. On va écrire aux souris et aux enfants. OK?
- Ok, répondit Félix, on y va.
Le premier : URGENT. A tous les enfants: pour faites cesser la grève des souris, mettez, à coté de votre dent : gâteau, fromage, grains de blé ou de maïs. Biz. Lisou-Bisou, France ».
A peine le twit parti que ce fut un concert de Twitts qui arrivaient par milliers, dans toutes les langues et de tous les pays. La mobilisation était générale. De partout arrivaient la confirmation : le message était bien passé et dans toutes les maisons du monde où des petites filles et des petits garçons venaient de perdre une dent, on ouvrait les placards, les tiroirs, les frigidaires à la recherche de graines, de fromage et de gâteaux pour les mettre sous les oreillers.
Un twitt arriva d'un petit garçon esquimau : |
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Mais Grand Père avait besoin de l'ordinateur alors Lisou-Bisou , Félix partirent jouer dans le jardin en attendant le soir. Enfin, le moment d'aller dormir arriva. Jamais Lisou-Bisou et Félix n'avaient été aussi pressés d'aller dormir.
Lisou mit sa dent sous son oreiller, plaça à côté un petit bout de comté un peu sec, son fromage préféré et s'endormit.
Elle fut réveillée par la pluie qui tombait à verse. Sans quitter son lit, elle se mit sur le ventre et lentement, passa sa main sous son oreiller.
Sa dent avait disparu; Il y avait une boite plate qui contenait un DVD des nouvelles aventures de Mulan, un film qu'elle adorait. Mais il y avait aussi une enveloppe toute mouillée.
-Félix, tu dors ? Tu m'entends ? Elle est passée. Elle est passée! Se mit à chanter Lisou Bisou de plus en plus fort, debout sur le lit de Félix, mais je ne sais pas lire le message dans l'enveloppe qui est toute mouillée. Forcément, la petite souris n'avait pas de parapluie!
- Felix, hurla-t-elle, ça a marché!! Reveille-toi. Et elle escalada l'échelle pour le secouer. Les souris ont cessé la grève. Ma dent n'y est plus, le fromage non plus et il y a une piece de 5 euros! Ouaiii! Yesss! Youpi! Super!!
Kling, un message venait d'arriver. Felix et Lisou Bisou se précipitèrent pour ouvrir l'ordinateur.
On pouvait lire :
« A l'attention des enfants et des parents. Message d'information : les souris ont cessé la grève. Elles remercient Lisou Bisou et ses deux amies d'avoir compris leurs revendications... et Felix de les avoir aidées.
Bisou.
Signé : Camarade Charlotte.
Et depuis lors, les souris ont repris le travail, les cadeaux sont revenus et les enfants sont redevenus heureux de perdre leurs petites dents.....
La seule différence, c'est que parfois, it y a un peu de miettes sous les oreillers..... ou qu'ils sentent un peu le fromage.
Mais, quelle importance, je vous le demande...